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L’IA citoyenne doit devenir un commun

31 août 2026 La Rédaction 3 min read

Un commun, c’est quoi ?

C’est une ressource que personne ne possède à lui seul, mais que tout le monde peut utiliser selon des règles qu’on s’est données ensemble.

Avant, dans nos campagnes, les clôtures, les villages avaient des terres communes. La forêt où on récoltait le bois. La prairie où pâturaient les troupeaux. Le four à pain, le lavoir, le moulin. Pas de propriétaire unique. Des droits d’usage partagés. Des règles votées au village pour que la ressource ne s’épuise pas : combien de bêtes, quelle saison, qui coupe quoi ?

Ce n’est ni de la propriété privée, ni de la propriété publique. C’est une troisième voie, et elle fonctionne depuis des siècles. Plus proche de nous, l’économiste US Elinor Ostrom a reçu le prix Nobel d’économie en 2009 pour avoir démontré, cas par cas, que ces communs se gèrent durablement quand la communauté fixe et fait respecter ses propres règles.

Les mutuelles niortaises en sont l’héritage direct

Nous n’avons pas besoin d’aller chercher loin. Niort a bâti son économie là-dessus.

Une mutuelle n’appartient pas à un patron. Elle appartient à ses sociétaires. Les décisions se prennent en assemblée. Les excédents reviennent à la communauté, pas à un actionnaire lointain. C’est le principe coopératif, et c’est le principe du commun rural transposé à l’assurance.

Ce n’est pas un décor historique. C’est une compétence locale : ici, des gens savent faire fonctionner une gouvernance collective sur la durée.

Trois choses font un commun

Une ressource partagée. Une communauté identifiée qui en dépend. Des règles collectives, connues, applicables et révisables.

Retirez l’une des trois et ça s’effondre. Une ressource sans règles se fait piller. Des règles sans communauté ne s’appliquent pas. C’est pour ça qu’un commun n’est pas une déclaration d’intention : c’est un travail d’organisation.

Dans notre projet, le commun c’est le corpus

Question légitime : qu’est-ce qui est mis en commun, au juste ? Pas le modèle d’IA — il est fourni par un prestataire et il changera. Pas les serveurs — ils se louent.

Le commun, c’est le corpus de sources locales, la charte qui définit ce qui y entre, et les relevés de décisions du comité éditorial. Ça, ça reste. Ça appartient au territoire. Et si demain nous changeons de modèle, de prestataire ou d’hébergeur, ça part avec nous, intact.

Une IA citoyenne, ce n’est donc pas une IA qu’on possède. C’est une IA qu’on gouverne ensemble.

Le service est gratuit et le reste. Pas de compte à créer, pas de données personnelles collectées, pas de profilage publicitaire. Ce n’est pas une offre de lancement, c’est la définition même de la chose : on n’extrait pas de profit d’un commun.

Le code est ouvert, les sources sont publiques, les décisions sont publiées, la comptabilité aussi. Cette transparence n’est pas une posture : c’est le seul moyen pour une communauté de vérifier que ses règles sont respectées.

Une IA citoyenne, ce n’est donc pas une IA qu’on possède. C’est une IA qu’on gouverne ensemble.