Et si l’IA devenait un service public ?

C’est entendu, l’intelligence artificielle impacte en profondeur nos vies. Et ça ne fait que commencer. « Pour » ou « contre », la question n’est plus là. Mais bien de savoir s’il est raisonnable de confier son contrôle exclusivement à des acteurs privés.

Pouvons-nous imaginer un nouveau modèle où nous pourrions bénéficier d’une IA transparente, auditable et orientée vers l’intérêt général ? Après tout, lorsque l’électricité est arrivée, nous avons construit des réseaux publics. Lorsque l’école est devenue indispensable, nous avons créé un service public. Si, demain, l’IA devient une infrastructure aussi essentielle de notre société, pourquoi son contrôle dépendrait-il uniquement d’entreprises privées ?

Nous n’avons pas la réponse en 12 slides et 2 vidéos à cette question.

En revanche, on s’efforce de réféchir à certains points en particulier :

Notre démarche ne vise pas à interdire les initiatives privées.

Bien au contraire. En revanche, elle propose qu’à côté d’elles existe un projet collectif et citoyen porteur d’une IA d’intérêt général. Nous avons commencé à porter une réflexion sur un cas très concret appliqué à notre ville natale qui est la ville de Niort (préfecture des Deux-Sèvres, 100 000 habitants avec l’agglo).

Un simple site / manifeste ou une énième pétition, ne prouve rien. C’est pourquoi nous souhaitons démontrer par un pilote local, mesurable et réversible, que le concept peut fonctionner.

  • 1 – Synthèse
    La démarche ianature pose une question simple : et si, à l’échelle d’un territoire, l’IA pouvait fonctionner comme un service public — transparente, auditable, gratuite et gouvernée collectivement ?
  • 2 – La démarche IANature
    IANature est une initiative citoyenne née à Niort. Elle part d’un constat : l’IA impacte en profondeur nos vies, et la question n’est plus d’être « pour » ou « contre », mais de savoir s’il est raisonnable d’en confier le contrôle exclusivement à des acteurs privés.
  • 3 – Qu’est-ce qu’une IA «service public » ?
    Par analogie avec l’eau, l’électricité ou l’école, nous retenons cinq critères constitutifs. Ils serviront de référentiel d’évaluation du pilote.
  • 4 – Le pilote proposé
    L’habitant.e pose une question en langage naturel : horaires de la médiathèque, démarches d’état civil, inscription périscolaire, programmation atrtistique, tri des déchets, vie associative. L’agent IA répond en français simple et cite systématiquement les pages sources qui fondent sa réponse.
  • 5 – Une gouvernance citoyenne, cœur du projet
    La singularité du pilote n’est pas technique : elle tient à sa gouvernance. On n’arbitre pas une IA, on arbitre son corpus. Quatre mécanismes s’articulent.
  • 6 – Cadre réglementaire et engagements
    Réversibilité : le corpus, la charte et les relevés du comité restent publics et réutilisables. La Ville peut mettre fin à l’expérimentation à tout moment, sans coût de sortie.
  • 7 – Calendrier proposé (6 mois)
    Indicateurs de réussite proposés : nombre de conversations mensuelles, taux de réponses sourcées, volume et traitement des signalements, satisfaction exprimée par les utilisateurs, assiduité du comité éditorial.
  • 8 – Ce qu’il est demandé à la Ville de Niort
    Ce pilote ne sollicite aucun financement municipal. En retour, la Ville bénéficie d’un service supplémentaire pour ses habitants, d’une position de pionnière sur un sujet à forte visibilité, et d’un retour d’expérience complet, publié, qu’elle pourra réutiliser librement.
  • 9 – Le porteur du projet
    JC Gilbert est consultant en marketing digital et intelligence artificielle, établi à Niort. Ancien président du SPN, réseau régional des professionnels du numérique (plus de 200 membres), il accompagne les entreprises et institutions locales dans leurs usages du numérique et de l’IA.
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