Blog

Steve Bannon : « Nous sommes à un moment charnière de l’histoire »

18 septembre 2026 La Rédaction 5 min read

« Nous avons besoin de temps. Et cela ne passera pas par la législation. Il faudra une décision de l’exécutif. La législation sera extrêmement compliquée et prendra du temps. (…) Nous devrions dès aujourd’hui placer sous quarantaine, à l’écart du Parti communiste chinois, tous les aspects de l’écosystème de l’intelligence artificielle. Nous devrions leur couper tout accès. C’est la seule manière de reprendre la maîtrise de la situation et de réfléchir sérieusement, entre adultes, à ce que devrait être réellement l’appareil de régulation, qu’il s’agisse d’une sorte de Commission de l’énergie atomique ou d’un autre dispositif travaillant avec ces entreprises pour empêcher que des systèmes ne s’échappent et pour que les gens sachent ce qui se passe. (…)

Les responsabilités sont réelles. Les garants vont vous le dire. Et tout ce qu’ils font maintenant avec cette comédie (…) consiste à exploiter une crise pour la tourner à leur avantage, en créant des douves autour d’eux, un cartel qui empêchera non seulement d’autres entreprises émergentes d’entrer sur le marché, mais qui, surtout, transférera la responsabilité vers le peuple américain.

Ce transfert financier est en train d’arriver. (…) Revenons aux Chinois. Pas de puces, pas de marché noir des puces, pas d’accès gratuit à la technologie américaine, pas de pillage de l’Amérique. (…) Nous ne devrions accueillir aucun étudiant pour le former comme ingénieur ou technologue. Nous devrions faire sortir tous les ressortissants chinois de nos laboratoires et les renvoyer en Chine continentale. Aucun accès à la dette, aucun accès au capital, aucun accès à nos marchés financiers.

Aucun fonds de pension ni aucun gestionnaire ayant la responsabilité fiduciaire de l’argent des travailleurs américains ne devrait être autorisé à investir le moindre dollar en Chine. Nous devons mettre hors circuit le Parti communiste chinois. Nous devons établir une quarantaine autour de lui. (…)

Qu’on en finisse avec le Parti communiste chinois. Il ne prépare rien de bon. Nous savons qu’ils volent tout ce sur quoi ils peuvent mettre la main. Nous pouvons mettre un terme à cela en soixante-douze heures. (…) Une fois que vous aurez gagné du temps, vous pourrez vous attaquer au travail difficile : celui de la réglementation proprement dite (…). Je pense que le sénateur Sanders a très bien résumé les risques. Evidemment, lui et moi avons des opinions très différentes sur le président des Etats-Unis, mais nous essayons de nous élever au-dessus des clivages partisans. Et nous y sommes obligés, parce que la situation est unique. (…)

Nous sommes à un moment charnière de l’histoire. Il faut gérer cela correctement. Pour bien le faire, premièrement, nous ne devons jamais faire confiance à ce que disent les oligarques, parce qu’ils sont foncièrement de mauvaise foi.


Cette affaire doit appartenir au peuple américain. Vous ne pouvez pas rester un quémandeur. Et nous n’allons plus être des quémandeurs.

Le peuple américain va prendre les choses en main, comme il l’a fait lors de la révolution. Il y a deux cent cinquante ans, je crois qu’à cette période-là nous nous faisions chasser de Manhattan, n’est-ce pas ? Retraite après retraite après retraite. Et nous avons gagné. Vous savez quoi ? Nous avons gagné. Nous n’avons pas abandonné. C’est votre héritage.

Le bon sens du peuple américain lui a toujours permis de prendre la bonne décision : la révolution, la guerre de Sécession, la Grande Dépression, la seconde guerre mondiale. Nous vivons le grand « quatrième tournant ». C’est la question qui se pose aujourd’hui à nous. Ils veulent que vous restiez ignorants à ce sujet. Ils veulent que vous en ayez peur.

Nous n’allons pas avoir peur. (…) Il faut accélérer. Si vous n’êtes pas pour l’accélération, vous faites le jeu de la Chine. Si vous n’êtes pas pour l’accélération, vous voulez que l’Amérique perde. Si vous n’êtes pas pour l’accélération, alors, franchement, vous êtes mauvais, stupide et malfaisant. (…)

Est-ce que nos pères et nos grands-pères finançaient l’Union soviétique ? Est-ce qu’ils formaient les scientifiques soviétiques ? Est-ce qu’ils faisaient venir ici des jeunes Russes à l’université pour leur permettre d’étudier dans les meilleures universités, d’obtenir les meilleurs diplômes ? Est-ce qu’ils avaient Wall Street qui se précipitait pour monter leurs opérations financières, toutes les banques cherchant à leur prêter de l’argent plus vite qu’à n’importe lequel d’entre vous dans cette salle ? La réponse est non. Ils ont tenu tête à l’Union soviétique, et la première chose qu’ils ont faite pour lui tenir tête a été de lui couper les vivres. C’est exactement ce que nous devons faire aujourd’hui avec le Parti communiste chinois. Aucun marché. Aucun accord.

Nous avons énormément de travail devant nous. Mais vous savez quoi ? (…) Nous pouvons gagner. Nous allons gagner. Et surtout, nous devons gagner. Merci. »


Le Monde du Jeudi 17 Septembre
https://www.lemonde.fr/international/article/2026/09/17/ia-le-monde-publie-les-discours-de-bernie-sanders-et-steve-bannon-pour-encadrer-les-nouveaux-modeles_6776437_3210.html